21 avril 2007
DEBOUT,JE REVE
Je suis de ceux qui se lêvent tôt, il parait que le Monde leur appartient.
Je
suis de ceux qui se couchent tôt, un moindre mal pour avoir le Monde à ses
pieds.
Enfin il paraît.
De toute façon, je rêve debout.
Tous les
matins, je vais voir la mer, l'écouter, je cours un peu. J'ai pas de chien, mais
je souris comme un gamin.
Je m'assieds par terre aussi, et puis parfois, je
lance une ligne - j'attends midi.
Quelquefois je suis seul sur le rivage,
alors je siffle, ou bien je chante - je fume une pipe.
Après je rentre
retrouver ma femme, celle que j'ai là, plantée dans le coeur.
L'après-midi,
on court à deux, on a pas de chien mais on rigole comme des gamins.
Je lui
mors la joue, lui embrasse les yeux, elle rit, puis elle s'échappe, je la
ratrappe - toujours.
On se jure des choses rien qu'en se taisant, on se lie,
rien qu'en courant dans un peu de vent.
Et le sang vient cogner nos tempes,
on est vivant, on est heureux, Seul à Seule - mais à deux.
Je suis de ceux
qui se lêvent tôt, qui rêvent debout, qui rêvent tout haut.
